1-5 septembre 2026
16 rue du Perche, Paris 3e – Marais
10h-12h et 15h-20h
Présentation de l’exposition : 4 septembre, 17h-20h
Du 1er au 5 septembre 2026, BAZIS Contemporary présente dans le Marais Géologies de l’absence, sa première exposition parisienne, réunissant Zsolt Berszán, Valentin Ionescu, Andrei Ciurdărescu et Pál B. Stock.
Géologies de l’absence propose une réflexion sur ce qui demeure lorsque la présence s’estompe. L’exposition suit les traces matérielles et affectives laissées par la disparition, le retrait et l’oubli, dans des paysages, des corps et des histoires qui se transforment lentement jusqu’à devenir mémoire.
À travers le dessin et la peinture, l’absence n’est pas représentée comme un simple vide : elle acquiert matière, forme et résonance. Sédiments, poussière, végétaux, pierre et signes deviennent les témoins du temps, les archives fragiles d’un monde marqué par l’Anthropocène. La mémoire elle-même semble se déposer par strates, inscrivant ses traces aussi bien dans le paysage que dans l’expérience intime.
Les quatre artistes réunis développent des pratiques singulières et des langages plastiques très différents. Leurs œuvres se rencontrent néanmoins autour d’une même attention portée aux transformations de la matière, aux formes de la mémoire et aux relations mouvantes entre apparition et effacement, nature et expérience humaine, visible et invisible.
BAZIS Contemporary
Fondé en 2009 à la Fabrica de Pensule de Cluj-Napoca, BAZIS Contemporary Art Exhibition Space est un espace indépendant initié et coordonné par des artistes. Dès sa création, son programme privilégie des démarches engagées dans la construction d’un langage propre, au-delà des tendances et des conventions du moment.
BAZIS se développe autour d’une idée de communauté et de collaboration : un espace de rencontre et d’échange où les projets artistiques se construisent par le dialogue entre artistes, commissaires, professionnels et publics.
En 2017, après sept années à la Fabrica de Pensule, BAZIS rejoint l’ancienne usine Tehnofrig avec l’ouverture du Centrul de Interes, nouveau pôle de l’art contemporain à Cluj-Napoca. Entre 2017 et 2023, ses deux espaces – BAZIS Contemporary et BAZIS Project Space – accueillent plus de soixante expositions et projets réunissant artistes roumains et internationaux.
Après plusieurs expériences de résidences et de projets pop-up à Berlin, BAZIS ouvre à partir de 2025 un nouveau chapitre tourné vers Paris. Des collaborations avec la Galerie des Artistes donnent naissance à des expositions et à un programme de résidence destinés notamment à favoriser les rencontres entre les artistes invités, la scène artistique parisienne et les réseaux professionnels internationaux.
Avec Géologies de l’absence, BAZIS Contemporary poursuit cette ouverture en présentant pour la première fois une exposition dans le Marais.
Les artistes
Zsolt Berszán
Né en 1974 à Târgu Mureș, Zsolt Berszán est diplômé de l’Université d’Art et de
Design de Cluj-Napoca. Sa pratique interroge les relations entre matière,
vivant, science et technologie, notamment à travers des installations et des
œuvres où le silicone noir occupe une place récurrente.
Matériau hybride, à la frontière de l’organique et de l’artificiel, celui-ci lui permet d’explorer l’apparition et la dissolution des formes, la fragilité du vivant et la conscience de la finitude. Son usage du noir entre également en résonance avec une histoire essentielle de l’art moderne et contemporain, de Malevitch à Rothko, Rauschenberg ou Richter. Les formes organiques qui traversent son œuvre évoquent simultanément commencement et disparition, naissance de la matière et menace de sa dissolution.
Valentin Marian
Ionescu
La peinture de Valentin Marian Ionescu se construit par superpositions
successives du naturel et de l’artificiel, du geste maîtrisé et de l’accident.
Le paysage y apparaît moins comme un territoire à reproduire que comme un
ensemble de relations émotionnelles et sensorielles.
Recomposés en véritables cartographies affectives, ses espaces glissent progressivement vers l’abstraction. La structure géométrique organise l’image sans l’enfermer, tandis que la couleur introduit mouvement, sensualité et instabilité. Les fragments de paysage prennent parfois l’apparence de minéraux ou de pierres précieuses, faisant émerger une vision de la nature comme richesse à la fois matérielle, sensible et mémorielle.
Andrei Ciurdărescu
Né en 1984 à Orăștie, Andrei Ciurdărescu est artiste plasticien, docteur en
arts visuels et enseignant au département de peinture de l’Université d’Art et
de Design de Cluj-Napoca. Il a notamment étudié à l’Universidad de Castilla-La
Mancha à Cuenca et bénéficié de la bourse postdoctorale « Vasile Pârvan » à
l’Accademia di Romania à Rome. Ses œuvres ont été présentées en Roumanie et
dans de nombreux pays européens ainsi qu’aux États-Unis.
Sa peinture recompose espaces, objets et figures selon une logique personnelle où se rencontrent paradoxe, utopie et théâtralité. Nourries par une sensibilité à la scénographie baroque et à la lumière de la peinture régionale, ses compositions déplacent les éléments du réel pour créer des espaces ambigus où affleurent sensations, inquiétudes et mystères. Le paysage devient ainsi moins un décor qu’un territoire mental en constante recomposition.
Pál B. Stock
Né en 1964 à Debrecen, en Hongrie, Pál B. Stock étudie à Budapest avant de
quitter le pays en 1987 dans le contexte politique de l’époque. Après un
passage par Munich, il s’installe à New York en 1995 et poursuit ses études à
la Parsons School of Art and Design. Il vit et travaille à Berlin depuis 2010.
Sa technique associe cire d’abeille, peinture à l’huile et bois. La rencontre de la cire et de l’huile – deux matières qui ne se mélangent pas – crée une tension subtile à la surface de l’image, tandis que la transparence de la cire confère aux œuvres une luminosité singulière. La lumière est aussi une mémoire personnelle : celle des bougies qui éclairaient la maison sans électricité de son enfance. Après avoir perdu la vue à la suite d’une affection oculaire, Pál B. Stock n’a pas cessé de peindre. Sa pratique s’est progressivement déplacée vers un espace intérieur où mémoire, sensation et émotion prolongent ce que le regard ne peut plus saisir.